Aujourd'hui, lundi 7 mars est lancé la 13 édition du printemps des poètes.
Cette manifestation, qui durera jusqu'au 21 mars, a cette année pour thème les paysages : "d'infinis paysages".
De nombreuses manifestations auront lieu en France, à Paris surtout.
A cette occasion vient d'être publié aux éditions Gallimard un très jolie receuil de poésie, poètes en partance, de Baudelaire à Henry Michaux, anthologie établie par Sophie Nolleau.
Pour plus d'information, je vous invite à rejoindre le site leprintempsdespoètes.com :
http://www.printempsdespoetes.com/index.php?rub=accueil&page=12
Le Printemps des poètes ayant passé commande à 14 poètes contemporains, vous pourrez découvir sur le site internet leurs créations.
Je vous livre ici 3 poèmes que j'ai selectionné parmis tout cela ;
D’infinis paysages
Oui, voici la colline et la vallée,
Voici le lac et le reflet des nuages.
La lumière les dévoile aube et soir ;
Et le printemps revient à tire-d’aile !
Terre habitable, humain séjour provisoire :
Il n’est vrai paysage que de nos mémoires…
Ô pays ! ô âge ! Transplantés ici,
Nos désirs et paroles nous unissent
A tous les lointains, au grand iambe
Du prime matin du monde. Ecoutons donc
Le chant des âmes errantes, de leurs élans
Inachevés, chant fondu dans les sources
Et la brise, chant nôtre ! L’infini n’est autre
Que nos énigmatiques échanges, sans cesse
Renouvelés, avec l’immémoriale promesse.
Nos lieux, nos instants, à jamais uniques.
François Cheng
Le refrain
Le refrain feutré du ramierse teinte d’inquiétude
tendre
qui s’attarde dans la
torpeurbaignant le jardin de septembre
Puis c’est le fou-rire d’un merle
il dit l’approche de la pluie
Au passage de l’écolier
une ombellifère s’incline
pour lui confier son secret
Dernier soupir de la saison
l’autan renoue avec les sentes
où dans un bruissement précoce
s’assourdit l’écho de tes pas
De l’aube aux feux du crépuscule
le mariage des couleurs
eut l’invisible pour témoin
riche des rumeurs d’un autre âge
La nuit boit le lait de l’enfance
elle t’invite à l’imiter
Craquant d’aise le vaisselier
retrouve les chuchotements de ceux qu’hier a emportés
Leur pays ne les quitte pasEn eux bat lentement son
cœur
A ton ciel intérieur s’adresse
le message bleu du chardon
L’horizon n’est plus qu’une grêve
offerte aux épaules de l’heure
Jean Vincent Verdonnet
Le delta du Danube
Entre les Balkans et les Carpathes
sur le littoral de la mer Noire
au nord du lieu où Ovide
vécut son exil
vaste territoire
survolé par l’aigle
qui niche
dans les crevasses de la falaise blanche
reflets argent des mouettes
sur les eaux sombres
ciel sillonné de cygnes hurlants
d’oies bernaches
et de pélicans
perdue dans le désert
une pierre solitaire
portant ces mots :
loci princeps
limit. prov. scyt.
plus récemment
le grondement du canon
là-bas vers Sébastopol
des Cosaques errants
bourrés de raki
chantant entre nostalgie et néant
d’anciennes mélopées d’Ukraine
un lieu
peut-être enfin
rendu à ses origines.
Kenneth WHITE